Empreintes : un foetus dans la tête

Collage, adaptation et mise en scène de Geneviève L. Blais

Crédit photo : Maxime Côté

Crédit photo : Maxime Côté

Crédit photo : Maxime Côté

 Le pouvoir miraculeux de la femme de porter la vie, à tout âge, à tout moment. Il y a longtemps que ce don mystérieux, lourd en conséquences la hante. C’est que dans notre société moderne, elle a un choix à faire, qui est loin d’être facile. «Choisir, se choisir», comme le dit un des personnages d’Empreintes, une pièce de recueils et de témoignages sur la grossesse et l’avortement, présentée à La Chapelle.

Dans une splendide scénographie et dans une mise en scène très orchestrée, 7 femmes feront part de leur expérience, de leur « bonne nouvelle » à chacune. Plus les témoignages avancent, plus elles constatent que leur situation n’est peut-être pas la meilleure pour l’enfant et qu’elles ont la possibilité de faire un choix, le leur. Se choisir, avant l’enfant. Choisir qu’elles n’en veulent pas, finalement. Parce que, quoi ? Parce que trop jeune, déjà maman, carriériste, père improbable, féministe… Des raisons réelles, compréhensibles, qui font voir un tout autre côté à l’avortement.

L’idée est bonne et le type docu-fiction colle parfaitement au sujet, mais il y a quelques petits bémols. D’abord et avant tout (et il est rare de devoir se prononcer là-dessus), il n’y a avait pas assez de projection vocale, le soir de la première. L’univers intimiste et la petite salle de La Chapelle n’est pas une excuse suffisante à ce que le texte ne soit pas entendu clairement par le spectateur, étant au théâtre. Il est dommage que de si magnifiques interprétations ne lui soient pas tout à fait livrées à cause de ce mineur problème technique. Ensuite, il y a beaucoup à montrer visuellement sur scène. Plusieurs déplacements, mouvements, gestes, danses, tous décalés. Le résultat est fort joli, mais ne semble pas encore tout à fait intégré à l’interprétation des actrices, qui ont parfois du mal à jongler avec leur texte en même temps que la mise en scène très élaborée. On les sent hésiter, mais pas d’une façon volontaire, à ce que cela nourrisse leurs personnages. Paule Baillargeon, plus particulièrement, semble éprouver de la difficulté à suivre l’énergie et la vitalité de ses consœurs (toutes particulièrement impliquées et émouvantes), excepté vers la fin, lorsqu’elle délaisse enfin le micro. Sinon, mis à part le débit un peu trop lent pour une pièce aussi chargée, Empreintes apporte une belle réflexion quant à la place du choix et de ses conséquences à notre époque, concernant la vie d’enfant, et le fait d’une façon très riche visuellement et musicalement.

Une production du Théâtre À Corps Perdus

Présentée à La Chapelle, jusqu’au 5 mai

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