Survivre, c’est le cas de le dire…

Texte d’Olivier Kemeid et Éric Jean

Mise en scène d’Éric Jean

Crédit photo : Yanick Macdonald

Crédit photo : Yanick Macdonald

Dans tout milieu de travail, il y a des stéréotypes. Des grandes-minces-sportives, des renfermées-misanthropes, des rudes-qui-se-font-clairement-chier, des ménopausées-perdues-dans-les-grandes-vappes-existentielles, des passifs-agressifs timides et épuisés, des super-trop-gentille qui bouffe des cachets en secret… La liste est longue. Mais on s’en tient à 5 personnages pour survivre.

Bureau, 9à5, sous-sol d’un immeuble.  Pas besoin d’en dire plus, l’imagination déborde déjà. Les créateurs de cette nouvelle pièce du Quat’sous se sont inspirés d’un univers peu exploité au théâtre, où le sujet est pourtant riche en théâtralité. Ils font ainsi explorer au public un quotidien vraisemblable, côtoyant le fantastique à ses moments, avec une pointe d’humour noir et tranchant. L’accent est mis sur le rapport de force, un peu darwinien, qui s’installe dans tout milieu confortable. On y voit des dominants et des dominés, chaque personnage passant de l’un à l’autre, tour à tour, sortant son côté bestial bien refoulé et s’en prenant à plus faible pour assurer sa place.

Rien de tout cela n’apparait, tant que le quotidien redondant demeure. C’est lorsqu’il est rompu par ‘‘un évènement hors du commun’’ que l’univers de la pièce s’installe pour de bon et que les acteurs semblent se faire plaisir à se déchaîner dans les facettes les plus sombres des gens ‘‘normaux’’. Cependant, même si les pistes sont bonnes et que le travail de création semble au rendez-vous, on sent qu’il n’est peut-être pas tout à fait complet. Il manque un fil conducteur, un lien entre les évènements. On est dans l’exploration, de A à Z, mais c’est encore un peu chancelant, pas tout à fait achevé. Pourtant, il y a des gros noms associés au projet : Éric Jean, Olivier Kemeid, Sylvie Drapeau, André Robitaille, Anne Casabonne… Mais si l’on sent une germe d’artifices grandioses entre tous ces doués du théâtre, on est pourtant (et malheureusement) loin d’être épaté…

Présenté au Théâtre Quat’sous, jusqu’au 18 mai.

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