Fillettes et adolescentes d’aujourd’hui: futures Sweetie ?

En l’honneur de la journée internationale des droits de l’enfant

Connaissez-vous Sweetie? 

Sweetie

Beauté philippine âgée de 10 ans, Sweetie offre son corps, son enfance et son innocence à tous ceux qui veulent bien les prendre. Ils sont des milliers à vouloir la « cueillir », la déraciner, la briser… elle qui n’a pas encore éclos, elle qui n’est qu’une enfant. Sweetie c’est votre petite sœur, votre fille, votre cousine, votre nièce, votre amie. Sweetie, c’est la beauté, la jeunesse et la naïveté que nous avons toutes incarnées un jour. Elle est cette candeur et cette chair fraîche que l’on exploite abondamment et sans remords, dans Internet.

Cette histoire, quoique partiellement fictive, nous concerne tous et toutes car elle est la triste reproduction d’histoires bien réelles et sans fin, fléau international: le tourisme sexuel par webcam entretenu par des cyberpédophiles.

«Ils se déshabillent, ils jouent avec leur corps et me demandent d’en faire autant. »  Sweetie. (traduction libre)

C’est l’association Terre des Hommes (Pays-Bas), œuvrant pour le bien-être des enfants, qui a conçu Sweetie, une jeune fille mineure virtuelle, afin de combattre l’exploitation sexuelle des fillettes par des cyberprédateurs. Sweetie n’existe pas. Elle est une succession de gestes, de sons et d’émotions programmés. Telle un hologramme, elle interagit avec ses agresseurs dans le but qu’ils lui dévoilent leur identité dans l’espoir de les arrêter, une fois pour toutes.

Les Philippines sont un pays particulièrement touché par cette réalité. Des dizaines de milliers d’enfants abusés y portent le lourd secret de leur agression pendant que leurs violeurs virtuels, eux, continuent à vivre leur vie sans culpabilité et sans représailles. La pauvreté semble être malheureusement en lien avec ce haut taux d’agressions, car de l’argent serait souvent offert aux victimes pour les amadouer.

Mais moi, ce qui me chicote dans cette histoire, est la question suivante : comment se fait-il que toutes les Sweetie de ce monde puissent se retrouver devant leur écran avec autant de prédateurs assoiffés d’elles pour leur faire des propositions déplacées? Comment se fait-il que ce soit si facile de parler de sexe et d’en consommer peu importe notre âge? Comment se fait-il que la pornographie en direct pullule dans Internet et que même les mineurs puissent y avoir accès? Mais surtout, comment expliquer que des hommes majeurs puissent profiter si aisément de l’innocence de nos jeunes filles, sans remords et sans conséquences ?

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À première vue, ça peut presque paraître un geste sans conséquence que de consommer des cyberprostituées ou des jeunes filles en quête d’amour. Une banalité virtuelle, perdue à tout jamais dans le cyberespace! Les cyberprédateurs, eux, savent très bien ce qu’ils font. Toutefois, pouvons-nous en dire autant des Sweetie de ce monde? Elles le font pour l’argent, mais sont-elles vraiment en mesure d’estimer l’impact de leur cyberprostitution sur leur vie de jeunes femmes? Puis, nos fillettes d’ici, vivant dans l’abondance, pourquoi le font-elles si ce n’est pas pour l’argent ?

Ici, le sexe virtuel est une réalité tout autre, la plupart du temps gratuite, plus subtile et sournoise. De la cyberprostitution chez les mineures, il y en a certainement au Québec, mais la réalité que l’on retrouve le plus souvent chez nos jeunes filles est, selon moi, une hypersexualisation, virtuelle et réelle, tellement grande qu’elle en devient presque de la prostitution ou du moins, une forme de prostitution, car ce n’est pas nécessairement que dans l’acte de faire l’amour ou dans une transaction d’argent que cela s’exprime. Nos jeunes filles, elles, s’amusent à être dociles; ne sachant pas comment faire, elles écoutent et exécutent sans trop se poser de questions, étourdies par les paroles manipulatrices de leur agresseur. Elles sont curieuses, elles découvrent. Elles tombent amoureuses parfois, à 13 ans, en croyant que leur prince a 14 ans, alors qu’il en a plutôt 41. Elles sont pressées, elles brûlent leurs premières fois pour ne plus sentir la pression sociale qui leur dicte, indirectement, d’être belles et sexy. Elles veulent être comme tout le monde, elles veulent savoir ce qu’est le sexe et l’amour et pouvoir « performer ».

420px-Little_Red_Riding_Hood_-_J._W._SmithLes salles de clavardage sont souvent un endroit hypocrite où l’on prétend chercher des amis, mais où l’on trouve plus souvent qu’autrement du sexe. Lorsque l’on est majeur et vacciné et que notre sexualité et notre identité nous appartiennent, ça va, mais tant que nous sommes mineurs, ces lieux de rassemblements virtuels sont, selon moi, souvent lugubres et malsains, car ils nous incitent au vice en nous vendant du rêve.

foret sombre

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Le rêve d’avoir enfin une meilleure qualité de vie grâce à l’argent chez certaines, le rêve de plaire et d’être aimée chez d’autres ou parfois même le rêve de devenir une femme avant son temps…

C’est donc cette accessibilité aux échanges anonymes et virtuels qui rendent la situation de la cyberpédophilie et de la cyberprostitution aussi problématiques et répandues. En 2013, on peut violer virtuellement et avoir l’impression d’avoir bien fait, puisque l’on n’a pénétré personne et que cela demeurera anonyme et impuni à jamais. On ne se connait pas. On jouit sans conséquence, comme si nos paroles et nos gestes n’avaient aucun impact sur l’autre. On joue. On ment. On manipule. On viole. La morale? Connait pas.

 ordihommeÀ 13 ans, j’en avais des échanges virtuels du genre avec des inconnus qui disaient parfois avoir 16 ans, alors que d’autres assumaient ouvertement en avoir 30. Ma meilleure amie et moi on s’amusait à répondre aux messages sexuels qu’on nous bombardait dès notre entrée sur une salle de clavardage. On trouvait ça drôle, on jouait à avoir une sexualité. On rougissait, on repoussait les limites. Heureusement pour nous, ça n’a jamais été plus loin.

Déjà, le SEXE nous domine avant même qu’on ait une sexualité. Il est omniprésent et accessible aux jeunes et c’est là, selon moi, que l’on peut agir en tant que société pour outiller nos enfants face à cette réalité déstabilisante et toxique à laquelle ils seront confrontés dès leur entrée précoce dans le cyberespace.

Rappelons-leurs que ce monde virtuel est débordant de grands méchants loups. Rappelons-leurs qu’il y a un temps pour chaque chose et que la sexualité n’est pas un jeu. Rappelons-leurs que leur corps leur appartient et qu’ils n’ont pas à le donner à n’importe qui et encore moins à le vendre. Rappelons-leurs qu’ils ne sont encore que des enfants. Libérons-les de ce jeu de rôle sexuel duquel ils sont prisonniers et pour lequel ils se « cyberprostituent » avec le premier en ligne.

Protégeons les jeunes des cyberprédateurs en signant la pétition de Terre des Hommes: http://avaaz.org/en/wcst/ 

Pour boucler la boucle: 

Public domain image, royalty free stock photo from www.public-domain-image.comBoucle Magazine désire souligner la tragédie qui se passe présentement aux Philippines en offrant ses plus sincères sympathies et une bonne dose de pensées positives à ce peuple dévasté.

http://www.croixrouge.ca/faites-un-don/faites-un-don-en-ligne/donnez-au-fonds-typhon-haiyan

mlle_mymy2

mllemymy.bouclemagazine@gmail.com 

Twitter: @_MlleMymy_

Facebook: Mademoiselle Mymy 

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Un commentaire

  1. C’est consternant !
    Les parents sont responsables en laissant leur gamines être  » adulte  » avant l’âge
    Partout le contrôle parental et interdiction de s’habiler comme une prostituée, même si ça paraît  » ringard « interdiction des mini-miss, interdiction de porter des vêtements sexy car dans sexy il y a sexe !
    Quant aux pédophiles traque et chasse sans cesse jusqu’à les exterminer
    Sweetie est un bon programme mais combien n’ont pas de sweetie ? et subissent ces ordures ? :-((

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