Les amours tragiques de Jean Racine

Jean Racine est un auteur et dramaturge reconnu du XVIIe siècle. Cet hiver, le théâtre l’Espace Libre a choisi de monter trois de ses tragédies en les condensant pour les présenter l’une à la suite de l’autre. Les trois pièces sont réduites à l’essentiel de leur drame afin d’offrir une soirée d’environ 1 h 45.

En effet, Amours fatales regroupe les pièces Andromaque, mise en scène par Réal Bossé, Bajazet, mise en scène par Sylvie Moreau et Bérénice, mise en scène par Jean Asselin. Les trois tragédies sont montées de façon complètement différente autant dans la scénographie que les costumes. La scène se trouve au milieu et les bancs sont en estrades des quatre côtés de celle-ci, ce qui permet une vision optimale pour les spectateurs.Andromaque

Andromaque est présentée dans un cadre préhistorique. Les acteurs sont vêtus tels des hommes des cavernes avec des peaux d’animaux, des fourrures et des os accrochés au cou. La scène est constituée d’un carré de terre dans lequel les comédiens n’hésitent pas à se jeter. La seconde tragédie, Bajazet, se déroule quant à elle dans le palais d’un sultan au XVIIe siècle à Istanbul. La scène est alors recouverte de tapis orientaux alors que les comédiens sont vêtus de magnifiques costumes colorés et tout en transparence. Les costumes aux tissus riches et les ornements dorés sont superbement reproduits pour cette partie d’Amours fatales. Bérénice se déroule pour sa part à l’époque contemporaine. Les comédiens sont vêtus de costumes veston-cravate et de vêtements sobres et élégants. La scène est ici réduite à quatre carrés blancs de marbre sur lesquels les acteurs sont confinés.

Amours fatales, ce sont des histoires dans lesquelles l’amour-passion tourne toujours au drame. Les tragédies de Racine sont empreintes de jalousie, de trahisons, de désir de vengeance et de sentiments ambivalents oscillants souvent entre l’amour et la haine. La mort et le crime viennent souvent clore ces destins dramatiques.

Les personnages de ces tragédies sont assurés par les mêmes acteurs qui se transforment au fil des histoires. Pascal Contamine et Gaétan Nadeau assurent les rôles masculins alors que Kathleen Fortin et Marie Lefebvre défendent les rôles féminins. Ces quatre comédiens jouent habilement leur rôle, mais la performance de Kathleen Fortin est assurément la plus marquante et touchante. Elle est réellement une comédienne que j’aimerais voir sur les planches de théâtre plus souvent. Charles Préfontaine est le narrateur dans ces pièces. Il explique aux spectateurs le contexte des pièces et résume l’action précédant la scène. Il commente également l’action avec une touche d’humour particulièrement bienvenue dans ces tragédies déprimantes. Finalement, il devient parfois l’oreille et le conseiller des personnages de Racine. Préfontaine est drôle et enjoué dans ce rôle intéressant afin d’ajouter légèreté et compréhension à ces pièces parfois difficiles à comprendre.

Bajazet

Les tragédies de Racine sont bien écrites, mais les alexandrins et l’emploi du passé simple ajoutent de la difficulté à la compréhension du spectateur. Il faut être un passionné de théâtre pour ne pas se sentir alourdi par ces récits tragiques et ces textes d’une autre époque. Les différentes mises en scène ajoutent toutefois intérêt et l’originalité à ces pièces. Pourtant, je dois dire que j’ai moins apprécié la première partie (Andromaque) campée à la préhistoire. J’avais de la difficulté à croire au destin de ces personnages alors qu’ils déambulaient dans leurs costumes imposants et bruyants.

La pièce Amours fatales, présentée au théâtre l’Espace Libre du 11 février au 8 mars 2014, saura plaire aux amateurs de théâtre classique par sa mise en scène diversifiée et ses prestations de talent.

Pour plus d’informations ou pour acheter des billets, visitez le site : http://http://www.espacelibre.qc.ca/amours-fatales

Bon théâtre à tous!

BéréniceLa photo principale provient du site : http://www.mimeomnibus.qc.ca/

Crédit pour les photos insérées dans le texte : Catherine Asselin-Boulange

Certains détails sur le contexte historique et la mise en scène sont tirés de l’article du journal Le Devoir du 8 février 2014 : http://http://www.ledevoir.com/culture/theatre/399255/kathleen-fortin-tragedienne-nee

Amélie Lacroix Maccabée

amelie.lacroixmaccabee@gmail.com

http://l-art-sauvera-le-monde.tumblr.com

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :