L’architecture de la paix : une structure fragile

Texte d’Évelyne de la Chenelière

Mise en scène de Paula de Vasconcelos

Avec Pascale Montpetit, Daniel Parent, Philippe Thibeault-Denis, Ana Brandao et Carlos Mil-Homens

crédit Anne-Flore Rochambeau

crédit Anne-Flore Rochambeau

Ils sont, elle et lui, dans les décombres d’un autrefois: dans les miettes d’un passé qui chevauche encore leur réalité. Un passé où ils n’étaient pas qu’un couple, mais bien une famille avec un fils qui les complétait, qui les aimait. Celui-ci est disparu en même temps que tout le reste: leur protection, leur sécurité, leur équilibre, leur idéaux. Depuis, ils ne sont plus que deux pour rebâtir une structure de paix et se rebâtir eux-mêmes.

Pour cela, ils parcourent un sol jonché de matériaux qui leur échappent. Des pans d’histoire se ploient, se déploient et se reploient sans cesse avec eux, comme un rituel de paroles, de gestes, de visages et de brefs instants désorganisés. Des rythmes tribaux les accompagnent, comme des sortes d’incantations pour purger le mal et se donner espoir, pour se protéger de pire et aussi pour protéger le meilleur de ce qui reste. Quand l’architecture tombe, ce qui reste est fragile et l’espoir, la musique et la solidarité ne sont jamais de trop.

La pièce se veut être un « chantier de tous les possibles », comme l’annonce l’auteure elle-même dans le programme.  Il y a cependant peut-être trop de possibilités sur ce chantier. Une meilleure sélection des propositions amenées sur scène aurait réduit la trop grande charge d’interprétation laissée au spectateur (son appréciation étant nécessairement influencée par sa bonne compréhension).

En effet: les indices dramatiques et narratifs sont si nombreux et éparpillés qu’ils mènent vers une finale plus confuse que révélatrice,  et ce malgré tout son potentiel pour dévoiler le mystère de la structure du texte et de la mise en scène. La force du spectacle repose principalement sur l’aspect brut et sensoriel de la scénographie, du travail physique des comédiens et de l’accompagnement musical.

À défaut d’une parfaite compréhension de ce qui lui a été présenté, le spectateur peut donc s’accrocher à l’effet entraînant des éléments sonores et visuels, assez efficaces pour qu’il trouve la volonté de s’intéresser à l’ensemble de la pièce, jusqu’à la fin, sans toutefois parvenir à satisfaire sa curiosité.

Présenté jusqu’au 22 mars à l’Espace Go. 

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