Mon amie a appris à voler aujourd’hui

Mon amie est partie.

Hier soir, j’ai pris une pause de mon sommeil pour aller à la salle de bain. Comme je travaille de nuit, mon téléphone est toujours fermé. J’ai vu que pendant la journée, mon amie Annick m’avait appelé, puis une autre copine… et un message texte. Ça semblait urgent. J’ai ouvert mon Facebook pour apprendre que ma bonne amie Annick était décédée dans l’après-midi des suites d’un cancer qu’elle combattait depuis tellement d’années. Ce téléphone que j’ai reçu de son cellulaire, c’était son grand ami qui était à son chevet. Il m’a doucement annoncé qu’Annick s’était éteinte à 14h30 en sa compagnie, celle de son père et son infirmière, à la maison.

Mon coeur a retenu son souffle. J’ai parcouru mes messages frénétiquement pour me rendre compte que l’annonce de sa mort était maintenant partout sur les profils de nos amis communs. Mon monde s’est arrêté pendant plusieurs minutes. J’avais du mal à respirer et mes larmes cachaient ma vue. J’ai pensé à tous nos amis qui allaient aussi avoir le coeur brisé. On va se le dire, mourir à 44 ans c’est beaucoup trop jeune, ça crée une onde de choc. Même si elle combattait le cancer depuis plusieurs années, je pense que bien des gens ont cru à la guérison avec elle. Annick a toujours voulu faire mentir les pronostics des médecins. C’était le petit rayon de soleil de l’hôpital, même lors de ses traitements. Pour y avoir déjà assisté à quelques reprises, croyez-moi,  il fallait clairement être faite forte.

Je devais voir Annick la semaine prochaine. J’avais vraiment hâte, parce que dans les derniers mois, nous avions des difficultés à s’accorder comme à l’habitude. J’étais beaucoup affectée par sa maladie et égoïstement, j’essayais de me protéger. De son côté, elle vivait sûrement mes sentiments comme un rejet et nous avons eu besoin de prendre un peu de recul. Il semblait bien que ce temps était révolu pour moi: j’étais prête à aller la serrer dans mes bras et lui expliquer tout l’amour que j’avais pour elle malgré nos différents. J’avais hâte et je savais que le temps pressait. La vie en a voulu autrement. J’espère que de là-haut, elle me pardonne d’avoir été moins forte qu’elle dans les derniers mois. J’espère que pour elle aussi, tout ce qui compte maintenant, c’est que notre histoire a traversé les années et qu’on s’est aimé.

Je sais que ce matin, beaucoup d’amis et de membres de sa famille sont tristes comme moi. On aurait tous voulu lui dire un dernier «au revoir». On aurait tous voulu faire plus, plus tôt. Lui dire tout notre amour plus souvent, passer par-dessus les peccadilles et les petites frustrations de la vie quotidienne. En tout cas, je sais qu’on aurait tous voulu lui faire un méga party d’adieu en sa présence. On l’aurait bordé d’amour pendant qu’elle nous aurait dit, le ton coquin, qu’elle allait se trouver un bel ange à la beau d’ébène là-haut et que tout allait bien aller. Ma belle amie, envole-toi et ne t’en fais pas pour nous. Tu es libre maintenant de cette douleur qui prenait toute la place. Tu es libre de tous tes soucis. Envole-toi et veille sur nous de là-bas.

En vous écrivant ces mots ce matin, j’ai encore les larmes aux yeux et je réalise que je ne dois plus craindre la mort. Oui, vous avez bien lu, je ne dois plus craindre la mort, parce qu’en la regardant en pleine face, je réalise toute la valeur de la vie qui m’habite. C’est seulement en vivant pleinement que je pourrai, le jour de ma mort, partir la tête haute avec le moins de regrets possible.

Annick, elle avait compris le concept du #YOLO bien avant son temps. Elle vivait à fond, elle aimait passionnément, elle riait avec tout son cœur, elle mordait dans la vie à pleine dents et disait à la mort effrontément de revenir plus tard, qu’elle n’avait pas encore assez dansé. Son plus grand mantra : Hope!

Avec ces mots, j’imprime dans l’histoire son passage. Des mots elle en écrivait beaucoup. Je ne sais pas si un jour nous pourrons rassembler tous ses écrits et réaliser son rêve; que d’autres lisent son parcours.

À la revoyure ma belle amie. On se revoit en haut.

J’arrête de brailler bientôt et je te ferai plaisir en considérant la vie plus que jamais à présent, promis.

Considérez la vie ce matin, et dites merci à Annick pour le beau soleil d’aujourd’hui, elle nous a épargné la pluie. J’espère que vous lui enverrai la main au passage.

Annickbisou

 

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7 Commentaires

  1. Ping : La guerre des tétons. J’ai pleuré avec Lili Sohn. |

  2. Aujourd’hui, c’est la fête de ma maman. Elle aurait eu 52 ans. Elle est morte il y a un peu plus d’un mois. Ton texte m’est rentré dedans comme un train. Je t’offre toutes mes sympathies…

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