Quand la rue devient le refuge ultime

Quand les gens me demandent ce que je fais dans la vie, je m’amuse à dire que j’ai une double vie. J’ai deux occupations principales qui sont tellement différentes. D’abord, je suis la rédactrice en chef ici, mais je suis aussi une intervenante sociale. Je travaille auprès des itinérantes pour le plus grand refuge pour femmes au Canada, sans oublier toutes les autres ressources qui font aussi des pieds et des mains pour aider ces femmes qui se retrouvent en situation d’itinérance.

Aujourd’hui, un organisme se démarque par l’intervention de sa directrice Léonie Couture, fondatrice et directrice générale, auprès des médias. J’ai pu lire la lettre ouverte de Madame Couture, publiée dans le cadre de la 63e semaine annuelle de la santé mentale qui avait lieu du 5 au 11 mai dernier. En tant qu’intervenante auprès de cette clientèle, c’est venu me toucher en plein coeur!

POUR LIRE LA LETTRE 


La rue des femmes

LeonieCoutureLa rue des Femmes est un organisme montréalais qui vient en aide aux femmes en état d’itinérance, des femmes exclues du monde relationnel normal. Nous constatons tous les jours qu’elles ne fonctionnent plus dans notre société, car leur «cordon relationnel» est gravement endommagé. Les traumatismes relationnels qu’elles ont subis ont fracturé ce cordon si fragile et provoquent une souffrance intolérable. Pour supporter cette souffrance, elles quittent la réalitérelationnelle. Ignorant l’existence de ce support, la société prend en charge ces malades de façon incomplète donc inefficace.

Il est très facile de croire que les relations que nous avons sont éternelles et qu’elles ne nécessitent pas d’efforts ultra demandant. Probablement que pour bien des gens, ce n’est pas trop difficile, que leurs premières relations ont été riches en apprentissage et en amour durant l’enfance; que le lien avec l’autre était sain et fort. Pourtant, plusieurs d’entre nous (personne n’est à l’abri!) avons eu des relations initiales avec des adultes et/ou d’autres enfants qui ont été perturbées dès le départ. Pour une partie de ces gens, y mettre du sien, ajouter de l’eau dans son vin et entretenir leurs relations comme un bon jardin suffisent. Pour d’autres, par contre, le cordon de la confiance envers autrui a été complètement  rompu et, parfois, dès un très jeune âge. Dans certains cas, c’est au cours de la vie que le lien qui les rattachaient aux autres s’est effrité.

C’est donc là que des organismes comme La rue des femmes avec leur vision unique et humaine viennent à la rescousse  de ces femmes du mieux qu’ils peuvent. Puis, il y a les travailleurs qui sont le cœur de la mission de ces organismes. Des gens comme moi qui décident que coûte que coûte, ils iront à la rencontre de ces gens pour qui la rue est devenue l’ultime refuge. 

Plusieurs facteurs peuvent mener à l’itinérance : la pauvreté, un revenu insuffisant pour payer son loyer, perte de revenu, une crise familiale, l’abus de drogues ou d’alcool, la dépendance au jeu et bien sûr la maladie mentale. Personne n’est à l’abri de l’itinérance. (source : http://www.oldbrewerymission.ca/who_we_are_f.htm

Merci Madame Coutu pour votre vision remplie d’amour. Je la vois cette souffrance, tous les jours, chez les femmes avec qui je travaille et de vous lire me rappelle que j’ai un rôle important à jouer et que mon empathie et ma capacité à créer des liens avec elles peuvent faire partie d’un processus de guérison.

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(Cliquez sur le logo pour accéder au site de l’organisme)

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Pour me joindre : 

melaniegalipeau@bouclemagazine.com

@MelanieGali

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