JE N’AI PAS LE TEMPS

Je n’ai pas le temps de vous écrire cet article et vous n’avez pas le temps de le lire non plus. On devrait peut-être en rester là alors? Logiquement, on devrait éviter d’y mettre de l’énergie, non? Mais si vous me lisez toujours, c’est possiblement parce que vous savez, tout comme moi, que ça vaut parfois la peine de faire différemment et de s’arrêter pour se questionner sur notre façon de vivre.

J’adore écrire. C’est ma passion. Je respire par les mots. Il y en a pour qui c’est le sport, la cuisine, l’art, la lecture, les voitures, les langues… à chacun sa passion! Pourtant, la vie étant ce qu’elle est, on se trouve souvent toutes sortes de défaites pour ne pas donner priorité à ce qui nous tient le plus à cœur; on repousse la réalisation de nos rêves. On est d’même. Ben oui.

 Je n’ai pas le temps de vous écrire cet article :

  • parce que j’étudie;
  • parce que je déménage;
  • parce que je vois des amis;
  • parce que je fais du ménage;
  • parce que j’ai d’autres projets;
  • parce que je suis fatiguée;
  • parce que ça me demande un effort.

En voulez-vous des excuses? Il y en a! On devient des pros dans l’art de bafouer nos talents, nos objectifs et notre destin.

Trop souvent, on « use » le temps qui nous est accordé en le brûlant impulsivement sans se demander si on l’utilise judicieusement. On le croit illimité, alors on vit à 300 miles à l’heure en suivant le courant, en s’amusant à outrance, en s’éparpillant à travers nos responsabilités et nos loisirs, ou encore en perdant notre temps… Puis, un jour, on se rend compte qu’on a peut-être dérivé un peu loin de soi en oubliant de prendre le temps de se connaître et de s’accomplir, alors qu’on a pris soin de remplir son agenda pour ne plus avoir un seul petit trou dans la solitude et le silence.

On se fait des horaires de malade. On court. On a de la broue dans le toupet. On étouffe, mais on est POLYVALENTS, PRODUCTIFS et PERFORMANTS! On voit, on touche, on goûte, on sent jusqu’à épuisement et on recommence. On se sent vivant, très vivant, trop vivant; peut-être même un peu mort en fait… On fait quelque chose, ça oui (on ne s’arrête presque jamais), mais qu’est-ce qu’on fait? Est-ce qu’on agit vraiment dans le même sens que ce que l’on souhaite le plus profondément? Est-ce que l’on donne un sens à notre vie en choisissant de manquer de temps pour ce qui nous importe le plus au détriment de ce qui nous amène, selon nous, du réconfort, de la sécurité, et du plaisir instantané?

On se répète hypocritement qu’on a encore le temps et qu’un demain sans date sera un meilleur moment. On a peur. On a le vertige de vivre.

La facilité est souvent douce. Elle attise notre complaisance et nous donne envie de ne faire ni plus, ni moins que ce que l’on fait déjà. Elle nous dissuade de nous questionner et d’aller plus loin. Elle est le raccourci qui nous permet d’être efficaces et rapides; elle est la version pilote automatique de nous-mêmes.

Touche pas à mon confort!

Touche pas à ma routine!

Touche pas à mes patterns!

Ça semble être un discours intérieur avec lequel plusieurs d’entre nous sont tiraillés. On veut changer, mais on ne sait pas comment. On veut avancer, mais on ne sait pas où. Ça nous semble trop compliqué et pénible, alors, on préfère garder le pilote automatique actif.

Ça fait mal faire différent. Ça nous oblige à nous faire face. Ça nous oblige à nous poser les vraies questions, celles qui dérangent, celles qui brassent notre for intérieur, celles qui troublent notre esprit jusqu’à ce qu’on assume les réponses qui résonnent en nous. Ça fout la chienne. Disons-le.

Se poser des questions, c’est pas « in ». C’est pas « yolo ». Ça demande de l’introspection, mais surtout du temps et du silence. Ça demande de s’arrêter pour faire des choix éclairés et sentis. Pour plusieurs, s’arrêter est synonyme de perte de temps : « S’arrêter pour penser? C’est improductif, c’est plate, c’est passif. Pourquoi s’arrêter quand on peut courir? »

À ceux-là, j’aurais envie de répondre : « Si pendant une séance de jogging tu avais le souffle coupé à un tel point que tu peinerais à respirer, t’arrêterais-tu pour retrouver ton air? » Probablement, oui! Pour notre corps, on ralentit. Le message est souvent plus clair et direct, mais, pour notre esprit, c’est beaucoup plus subtil… on aspire à mieux, mais on n’agit pas nécessairement en ce sens!

Se poser des questions, c’est admettre qu’on a un passé, un présent et un futur et pas seulement un présent qui n’a aucune conséquence sur l’échelle de notre vie.

Se poser des questions, c’est avoir la maturité de se faire face en se demandant si on endosse réellement qui l’on est et ce que l’on vit, sans uniquement vivre à outrance à un rythme trop effréné pour entendre notre petite voix intérieure.

Le temps devrait selon moi être offert comme on offre un baiser : avec les tripes et le cœur; au bon endroit, au bon moment, à la bonne personne. On devrait cesser d’être gentil et être vrai, parce qu’on en a tellement pas à perdre, du temps. On aurait avantage à miser sur l’essentiel et à arrêter de croire qu’on est prisonnier et victime de notre vie. On est plein de ressources, on est fort, et, se choisir, c’est le plus beau cadeau que l’on puisse se faire…

Parce que, au final, dire « je n’ai pas le temps » à ce qui compte le plus pour nous, c’est assumer que nous avons mieux à faire que d’être heureux ou, pire encore, que nous ne sommes pas libres…

On a toujours le choix, on a toujours le temps.

La preuve : j’ai écrit cet article et vous l’avez lu jusqu’au bout.

 

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