La fois où j’ai PRESQUE travaillé comme infirmière dans un camp d’été…

En ce merveilleux vendredi, je vous offre une belle anecdote, qui j’espère, pourra vous éclairer quand viendra le temps d’accepter un emploi. Il y a des emplois qui ne sont tout simplement pas faits pour vous.

Épargnez du temps, avouez-vous rapidement que c’est la pire idée du monde et passez à la suivante. Oui, c’est une vraie histoire.

Alors que j’avais 18 ans, le fils de l’amie de ma mère s’est pointé chez moi, habillé en gars qui vient de se faire catapulter d’un La Cordée. Il était un fidèle apôtre du dit magasin et avait cumulé plus de sacs de couchages que de femmes dans sa vie.

Un apôtre nomade et passionné de 30 balais, habitant dans un pack sac. Il revenait d’un 4 mois de travail au Pôle Nord où il avait passé d’innombrables journées sans soleil. Il m’a raconté qu’il avait comme plan, pour l’été suivant, d’être moniteur dans un camp pour jeunes et qu’il cherchait à recruter une genre « d’infirmière » pour le camp. Moi, j’avais une année collégiale de complétée pour devenir ambulancière, ce qui me donnait une passe VIP pour le poste et par le fait même, je torchais haut la main tous les détenteurs de cours de premiers soins et/ou de gardiens avertis.

La semaine avant le camp, non seulement ai-je appris que ma meilleure amie n’avait pas décroché le poste d’animatrice et que notre bel été tombait à l’eau, mais j’ai su que je devais participer à la semaine pré-camp. « Tu vas être là pour apprendre à connaitre les autres, préparer ton infirmerie et ton inventaire de stock. »

——————————– 🙂

« Les enfants arrivent la semaine prochaine, on va en profiter pour pratiquer nos chansons et faire une excursion » lança, lors de notre premier repas entre employés, monsieur La Cordée ou Polaire, de son prénom de camp. « D’ailleurs, je veux vous présenter Nadine, l’infirmière du camp, qui devra à l’instant se choisir un nom. »

Moi – « Un nom ? Euh l’infirmière ? »

Polaire – « Non, un nom jovial et naturel, soit une herbe, un continent, un légume, un fruit… »

Moi – « Euh là maintenant ? Ok euh… Agrume ?! »

Tout le monde – « Bonjour et bienvenue Agrume. »

Polaire – « Agrume, acceptes-tu de nous accompagner pour une randonnée en forêt cet après-midi ? Tu vas pouvoir apprendre les chansons. »

Moi – « Oui. »

Moi, à l’intérieur de ma tête – « C’tait pas écrit dans le contrat ça calisse. » (En prenant ma dernière gorgée de jus dans mon verre en plastique rose sur lequel la cuisinière s’empressa de venir écrire AGRUME.)

rnAlors que Polaire nous faisait un passionnant exposé sur l’incroyable force des roches métamorphiques, je commençais à ressentir une douleur dans mon bas-ventre. J’ai tout de suite pensé que Satan essayait de sortir par mon nombril, puisque j’étais visiblement l’enfant du démon parmi des petits anges chantants qui s’accompagnent à la harpe.

30 heures s’écoulent et je chante de plus en plus de chansons, je n’ai toujours pas touché à mon inventaire et je bois du jus dans mon verre identifié près du feu avec mes nouvelles amies Méduse et Luciole, de 3 ans mes cadettes. J’ai si mal au ventre, que j’ai des crampes aux 5 minutes et je n’arrive pas à faire pipi. On est toujours assis dans l’humidité et on gèle dans nos campements la nuit, cela nourri allègrement la bactérie de l’infection urinaire qui grandit en moi, que je me suis autodiagnostiqué. J’ai besoin d’antibiotiques mais je n’ose pas en parler. Je me dis que comme les gens autour de moi, si je l’ignore, elle va finir par disparaître.

Au couvre-feu de 22h, je pourrais tellement être en train de regarder Grease pour la énième fois avec ma meilleure amie, avec de la bière et des chips, mais non je me couche !

À 2h, je me réveille en sursaut, il y a des gens qui cognent sur des casseroles et crient à tue-tête que nous sommes en danger et que nous avons pour mission de sauver Polaire qui a été enlevé. Moi, je comprends qu’il y a une urgence, donc j’empoigne mon sac à dos qui contient tous mes effets, ainsi que mon bas ventre qui, à l’intérieur, devait héberger tout plein de petites bactéries habillées en papier d’aluminium coupant, qui me piquaient avec des fourchettes en criant «  DESTROY Agrume. »

J’arrive dehors en courant et je fais comme les autres, je me mets à ramper. Je vois Luciole. « Où est-ce qu’on rampe ? » « Faut se rendre au feu sans se faire attraper. » J’ai mal, c’est mouillé par terre. J’arrive au feu. Il y a rassemblement. Le grand chef, Panache, s’exclame « Il faut retrouver Polaire, il paraîtrait qu’une créature mi-homme mi-ours l’aurait enlevé. Faites attention de ne pas vous faire attraper par cette créature. » Et moi de rétorquer avec sarcasme « Moi, je dis qu’on sacre notre camp et qu’on appelle la police ha ha… » Ouf ! Un silence profond s’installe. J’avais brisé la magie. Après 30 secondes de lourdeur, tout le monde est reparti de son côté en mission, excité comme si je n’avais rien dit.

Moi, j’ai rampé jusqu’au chemin, j’ai traversé la rue, fouillé dans mon sac à dos, sorti mes clés de voiture et je suis partie sans avertir personne. Arrivée chez moi, à 4 :30 du matin, ma mère m’a dit « t’as fait plus long que je pensais, bonne nuit, tes draps sont propres. »

Et elle m’a, avec grand plaisir, surnommé Agrume tout l’été. Je ne dis pas que c’est brillant de lâcher, faut avoir la maturité de dire non quand ce n’est pas pour nous, mais ça me fait rire quand je repense que j’ai presque travaillé comme infirmière dans un camp d’été ! (Je n’ai jamais eu de nouvelle, ils doivent penser que j’ai été enlevée par la créature !?)

Nadine Massie xo

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